Ce que l'auteur fournit
Tout. Chaque branche, chaque variante, chaque fin. L'œuvre du premier jour est celle du dernier : elle ne bouge plus une fois publiée, et rien de ce qui s'y passe n'a échappé à celui qui l'a écrite.
Black Mirror: Bandersnatch, Late Shift, Lifeline, Jeu d'influences : dans chaque cas, une équipe a fabriqué la totalité du contenu, y compris les branches que presque personne ne verra.
Ce que ça coûte
Le coût est dans l'écriture, et il est connu d'avance. C'est un avantage réel : on peut le chiffrer avant de commencer, et une seule personne peut le payer. C'est pour ça que c'est presque toujours la forme d'un projet mené seul.
Le prix, c'est le volume. Il faut produire les chemins que personne ne prendra, et ils ne se voient nulle part dans le résultat.
La limite
L'explosion combinatoire. Deux choix par scène, dix scènes, et il faut écrire un roman que personne ne lira en entier.
Ce qui suit est mécanique, et c'est pour ça qu'on le retrouve partout : on coupe des branches, on les recolle, et on obtient des faux choix. Le public s'en aperçoit au deuxième passage, et la confiance ne revient pas.
Ce qui marche
Peu de choix, mais qui comptent. Une œuvre qui assume dix bifurcations réelles tient mieux qu'une qui en promet cent et en simule quatre-vingt-dix.
L'autre issue est de changer de forme de récit plutôt que d'en écrire davantage. La structure à état obtient de la variation sans dédoubler quoi que ce soit : elle retient ce qui a été fait au lieu de brancher, et le contenu à produire cesse de doubler à chaque scène.