Ce que l'auteur fournit
Un outil, un cadre, et les règles du tri. Pas la matière.
The Johnny Cash Projectdemande une image par personne et les assemble en clip : des milliers de gens redessinent chacun une frame, et le résultat n'existe que par eux. Personne ne sait à quoi il ressemblera, l'auteur compris. Viol, les voix du silence : les témoignages déposés sont le documentaire. Do Not Draw a Penis : un canvas partagé, un algorithme qui efface une seule chose, et tout le monde essaie de dessiner exactement cette chose. La contribution y devient le sujet.
Ce que ça coûte
Peu de contenu et beaucoup de dispositif. Le coût est dans l'outil et dans la modération, et rien n'existe tant que personne n'a rien déposé.
Il faut un cadre assez solide pour qu'une contribution médiocre ne casse pas l'ensemble, assez ouvert pour que contribuer ait un intérêt. C'est le vrai travail de cette forme, et il ne se voit nulle part dans le résultat.
La limite
La page blanche collective. Tant que personne n'a rien déposé, il n'y a pas d'œuvre, seulement un formulaire.
Ce qui marche
Une contrainte forte. Redessiner une image précise, répondre à une question précise. Personne ne contribue à une invitation à s'exprimer : plus la demande est étroite, plus les gens répondent, et plus l'ensemble tient.
Ce qu'on accepte en la choisissant
De ne pas être maître du résultat, et de le publier quand même. C'est ce qui la distingue des deux autres : une œuvre machine ne surprend jamais son auteur, une œuvre sociale le surprend le temps d'une partie, celle-ci lui revient transformée.
Le public y est presque toujours lui-même : il apporte sa main, sa voix ou ses données, sans personnage pour s'abriter derrière. Ce qui déplace la question sur un terrain qui n'est plus esthétique, mais éthique : ce qu'on collecte, ce qu'on en montre, et ce qu'on en fait après.