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Benjamin Hoguet

Auteur des manuels de la création interactive que le milieu francophone n'avait pas. Il pose la seule question qui vaille avant d'ajouter une interaction.

Lieu
Paris
Site
https://www.benhoguet.com/

Auteur et concepteur de récits numériques, il fait un travail que presque personne ne faisait en français : ranger ce champ et le mettre par écrit. Trois livres chez Dixit, dans la collection La Narration Réinventée : celui du même nom d'abord (2015), sur la création interactive et transmédia, puis Le Pouvoir Narratif des Interfaces (2016) et La Grammaire de la Réalité Virtuelle (2018).

Ce n'est pas de la théorie universitaire, et il le dit lui-même : le premier livre sort d'une newsletter hebdomadaire et de vingt-deux entretiens avec des auteurs, des producteurs et des diffuseurs. Des retours de terrain mis en ordre, pas une thèse.

Il vient d'ailleurs du terrain. Il a cofondé Racontr, un outil qui permet de fabriquer un webdoc sans écrire une ligne de code, et Storycode Paris, où ce milieu se rencontre.

Sa question

L'impact de mon histoire sera-t-il plus grand si je la pare d'interactivité ?

Benjamin Hoguet, La Narration Réinventée, Dixit

C'est la question à se poser avant d'ajouter une interaction, et elle est brutale : si la réponse est non, ne le faites pas. Il donne le test dans l'autre sens juste avant. Une seule histoire à raconter, personne d'autre pour la raconter, une seule manière de la raconter : alors le linéaire suffit, et c'est très bien.

À garder en tête au moment de décider quoi rendre cliquable. La plupart des faux choix commencent par une interaction ajoutée sans avoir répondu à cette question.

Ses trois formes d'interactivité

Sa grille la plus utile ici. Machine : on touche, on clique, on fait défiler. Sociale : on échange avec d'autres autour du contenu. Collaborative : le public participe à la construction de l'œuvre.

Elle sert de définition large dans l'introduction du panorama, et on la retrouve prise par l'autre bout dans avec qui le public interagit, qui range les œuvres du site selon ces trois cases.

Deux réserves avant de le lire

Il écrit pour des professionnels, et ça s'entend : modèles économiques, diffuseurs, « engagement d'audience ». Le vocabulaire est celui de l'industrie culturelle. Les outils d'analyse valent d'être pris ; la posture, moins.

Et il refuse la bagarre que ce site mène. Aucun créateur interactif n'a déclaré la guerre aux contenus linéaires, écrit-il : « il ne s'agit pas d'un conflit mais bien d'une nouvelle proposition de valeur ». Sur les faits, il a raison. Ce site défend quand même autre chose, et les deux positions se comprennent : la sienne est celle d'un milieu qui doit travailler avec tout le monde, l'autre celle d'un terrain où les plans qui s'enchaînent ont déjà été longuement enseignés.