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La carte

Une carte sert de porte d'entrée au récit. Elle ne se justifie que si la distance, l'itinéraire ou le voisinage sont l'information.

Famille
interface
Illustré par
MicroMacro : Crime City, Rider Spoke, 80 Days
Voir aussi
Structure Constellation (Rhizome), La frise du temps

Définition

Les contenus sont posés sur un plan, et c'est en s'y déplaçant qu'on les atteint. Le plan peut être une carte du monde, un quartier, une maison, un poster d'un mètre.

C'est l'interface la plus demandée en atelier et la plus souvent injustifiée. La question à se poser tient en une ligne : est-ce que la position de deux contenus l'un par rapport à l'autre veut dire quelque chose ? Si non, une liste fait le même travail et se lit mieux.

Schéma

Carte-menu                      Carte qui raconte

  ●     ●        chaque point     ●───────●   la distance coûte
       ●         est une entrée      \     \  quelque chose
  ●        ●     et leur position     ●─────●
                 est arbitraire            \  le voisinage
  = une liste, en plus lent                 ●  est un indice

Trois raisons valables

La distance coûte. 80 Days est un tour du monde : chaque ligne prend du temps et de l'argent, et le trajet est le récit. La carte n'y est pas un menu, c'est un budget. Elle ne s'ouvre d'ailleurs pas toute seule — les lignes n'apparaissent qu'en écoutant les gens croisés en chemin.

Le lieu est le témoignage. Rider Spoke accroche des confidences à des recoins précis d'une ville, et elles ne se réécoutent qu'à l'endroit exact où elles ont été enregistrées. Le sens vient de savoir on est quand on entend ça.

Le voisinage est l'indice. MicroMacro : Crime City est la démonstration la plus économique du principe : un poster d'un mètre, imprimé, sans écran. Toute l'affaire y figure d'un coup, un même personnage apparaît à plusieurs endroits et à plusieurs moments, et c'est le regard qui fabrique la chronologie. Se pencher remplace le zoom.

Erreurs courantes

  • La carte-menu : des points dont la position ne dit rien, et qui auraient tenu dans une liste
  • Ressembler à un outil. Une carte qui a l'air de Google Maps est lue comme un outil, et on y cherche une adresse au lieu d'y lire une histoire
  • Trop de points. Au-delà d'une vingtaine, plus personne ne sait ce qu'il a vu
  • Aucun ordre suggéré. La liberté totale sur une carte vide se vit comme de l'abandon : il faut au moins un endroit où commencer
  • Le zoom qui perd le fil. Un plan lisible sur grand écran devient illisible sur téléphone, et c'est là que le public est

En pratique

Dessiner plutôt qu'emprunter. Une carte illustrée appartient à l'œuvre ; un fond cartographique appartient à quelqu'un d'autre et impose son esthétique.

Le plan peut être un intérieur. Une maison, un bureau, une table : les mêmes règles s'appliquent, avec dix points au lieu de cent.

Tester sans les libellés. Si on ne comprend rien à la carte quand on cache les noms, c'est que la géographie ne raconte pas encore.