Pourquoi c'est inspirant
Le trajet fait la dramaturgie. On avance sur une route, on s'arrête où l'on veut, on repart. C'est une structure élastique avant que le mot existe : un fil qui se parcourt d'un bout à l'autre, et des digressions dont on revient. Voir raconter par l'espace.
Les auteurs sont dans le cadre. Dufresne et Brault ne commentent pas de l'extérieur : ce sont eux qui roulent, qui sonnent aux portes, qui se font éconduire. Le spectateur est un passager, pas un destinataire.
C'est l'œuvre qui a fixé les codes. Ce qu'on appelle « webdoc » en France pendant dix ans se calque là-dessus. À connaître pour cette raison, et pour mesurer ce qui a vieilli.
Ce qui coince
Le site d'origine ne tourne plus : Flash est mort, et avec lui la moitié de l'âge d'or du webdoc. Il reste une captation vidéo, c'est-à-dire exactement ce que l'œuvre refusait d'être.
C'est le meilleur argument qui soit contre la dépendance à une technologie propriétaire. Une œuvre primée, coproduite par une chaîne publique, disparue en quinze ans — pendant que The Boat, plus modeste et fait en HTML, tourne encore.