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MicroMacro : Crime City

Un poster de 76 sur 114 centimètres, une ville dessinée au trait, seize enquêtes. Les cartes d'un cas posent des questions ; les réponses sont quelque part sur l'image. Un même personnage y figure plusieurs fois, à des moments différents de son histoire : suivre quelqu'un, c'est parcourir la carte d'avant en arrière dans le temps. Spiel des Jahres 2021.

Année
2020
En ligne
https://micromacro-game.com/
Par
Johannes Sich, Edition Spielwiese
Catégories
Jeu
Concepts
La carte
Détail du plan de ville dessiné au trait noir sur blanc : un canal traversé de ponts, des péniches, des files de voitures, une plage, et des centaines de personnages minuscules occupés à leurs affaires
Edition Spielwiese — illustration Johannes Sich

Pourquoi c'est inspirant

L'espace tient lieu de temps. Toute l'affaire est là, déjà imprimée, du premier repérage jusqu'au meurtre. Le récit ne se déroule pas : il est simultané, et c'est le regard qui fait la chronologie. Le montage est laissé au joueur, comme dans Flashback, mais ici sur une seule surface, donc on peut voir la cause et la conséquence en même temps.

Une carte sans zoom. Se pencher remplace la molette : la même lecture par niveaux (vue d'ensemble, puis détail) sans aucun dispositif. La densité de l'image fait tout le travail qu'un logiciel ferait en chargeant des tuiles.

La mécanique vient de l'écran. Chercher un détail dans une image saturée, c'est le jeu d'objets cachés, né sur ordinateur. Le voir revenir sur du papier dit quelque chose d'utile : une idée d'interaction n'appartient pas au support où elle a été inventée. Le trajet inverse existe aussi, avec Hidden Folks.

Ce qui coince

L'enquête est un jeu d'observation, pas de déduction : on ne raisonne presque jamais, on cherche. Une fois la scène trouvée, elle se lit d'elle-même.

Et l'affiche ne se rejoue pas. Ce qui a été vu reste vu : le poster est brûlé pour ceux qui étaient à table.