Ce qui fonctionne
Se cacher est le geste central. L'œuvre ne demande pas de parler : elle demande de trouver où parler. Chercher un coin de mur, une cour, une impasse pour dire quelque chose d'intime à une machine — c'est ce trajet-là qui produit la confidence, pas la question.
Un seul écouteur. Décision minuscule, conséquence entière : on reste dans le bruit de la rue, on entend les voitures, on est en vélo dans une ville et non dans un casque. La règle de sécurité et la règle esthétique sont la même.
L'iconographie n'est pas une interface de logiciel. Des hirondelles pour les cachettes libres, de petites maisons pour les enregistrements des autres, dessinées d'après les ex-voto mexicains, les tatouages de marins et l'héraldique. L'écran affiche à peu près trois choses, et aucune ne ressemble à un bouton.
La ville se remplit lentement. Chaque édition laisse ses voix sur place. Ce n'est pas une base de données consultable : il faut être là, à vélo, à l'endroit exact, pour entendre un inconnu dire ce qu'il regrette.
Ce qui coince
La pièce se produit ville par ville — Adélaïde, Athènes, Bristol, Budapest, Copenhague, Édimbourg, Linz, Madrid, Sydney — avec un parc de vélos, du matériel et une équipe. On ne peut pas « l'essayer » : il faut qu'elle passe.
Et le corpus de voix laissé derrière est fragile. Il vit dans le dispositif de l'édition, pas sur le web : ce qui a été confié à la ville disparaît avec le serveur qui le tenait.