Ce qui fonctionne
Le placement est la partition. Assigner les sièges en fonction des numéros transforme la salle en instrument spatialisé : la mélodie traverse le public de gauche à droite parce que les gens ont été assis dans cet ordre. La donnée d'organisation devient la matière artistique.
Le public joue sans rien faire. Aucune action n'est demandée — seulement d'être venu, d'avoir donné un numéro et de s'être assis là. C'est une participation sans geste, et ça mérite d'être opposé aux dispositifs qui réclament un clic pour se dire interactifs.
La nuisance devient le matériau. En 2001, une sonnerie pendant un concert est la faute par excellence. Retourner l'interdit en programme est l'idée, et elle date d'avant les smartphones : la pièce se joue avec des sonneries polyphoniques et des appels téléphoniques, rien d'autre.
Ce qui coince
Injouable en l'état. Le dispositif reposait sur des sonneries téléchargeables et un système d'appel dont plus rien ne subsiste : ni les téléphones, ni les réseaux, ni les formats. Il ne reste que la documentation de l'auteur — et c'est un bon cas pour parler de ce qu'on peut réellement archiver d'une œuvre dont la moitié appartenait à un opérateur télécom.