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The Climate Show

Quarante-cinq minutes dans une salle noire, cent vingt personnes, un boîtier de vote chacun. Camille, jouée en direct, hésite à agir contre le dérèglement climatique ; GaIA, une intelligence artificielle projetée sur trois écrans, démonte avec elle les objections qui reviennent toujours — c'est la faute des entreprises, la technologie nous sauvera, de toute façon c'est foutu. À chaque objection, la salle vote. Brussels Expo de mars à octobre 2022, puis Cap Sciences à Bordeaux jusqu'en mai 2023.

Année
2022
En ligne
https://www.bruxelles.be/climate-show
Par
Tempora, Cap Sciences, Climate Voices, Demeter
Catégories
Muséale, Performance
Concepts
Interactivité Collaborative (face à l'œuvre qu'on fabrique), Faux Choix
Salle de spectacle sombre : trois grands écrans en arc de cercle, l'un montrant un jardin avec du linge qui sèche, l'autre l'interface bleue de GaIA — une grille de cercles et des relevés techniques —, le troisième une terrasse en bord de mer. Devant, une estrade en bois éclairée avec un fauteuil blanc ; au premier plan, des rangées de sièges en plastique moulé.
Photographie prise en salle, 22 octobre 2022

Ce qui fonctionne

Le vote est comparé à celui de tous les autres. L'écran n'affiche pas seulement le résultat de la séance : il le met en regard du cumul de toutes les séances depuis l'ouverture. On ne découvre pas ce que la salle pense, on découvre en quoi la salle diffère de six mois de public. C'est ce détail d'affichage qui fait passer le dispositif du sondage à l'observation sociologique, et il ne coûte qu'une deuxième barre.

L'objection est nommée avant d'être réfutée. « C'est la faute de la technologie », « il y aura toujours des solutions techniques », « quelques degrés, qu'est-ce que ça change ». Le spectacle commence par donner leur forme exacte aux excuses du public, ce qui permet de voter pour elles sans honte — condition nécessaire pour que la suite serve à quelque chose.

La salle est bilingue, la même séance. Un écran en français, un écran en néerlandais, un vote commun. À Bruxelles ce n'est pas un détail de confort : c'est ce qui permet à un public réel d'exister dans la même pièce.

Deux écrans de projection en biais dans le noir. Sur celui de droite, en néerlandais, deux réponses — « Nee, het is de schuld van de technologie » et « Natuurlijk, er zijn altijd technologische oplossingen » — chacune suivie de deux barres horizontales : « deze voorstelling » à 50 %, et « sinds 8 maart » à 40 % puis 60 %. Sur celui de gauche, la même question en français, coupée par le cadre.
Deux barres par réponse : cette séance-ci, et tout le public depuis le 8 mars. Photographie prise en salle, 22 octobre 2022

Ce qui coince

Le vote ne change pas le spectacle. Camille suit son chemin, les experts passent dans l'ordre prévu, la conclusion est écrite. Ce qui est collecté sert à afficher un miroir, pas à bifurquer : c'est un Faux Choix à l'échelle du dispositif entier. Défendable — on ne peut pas produire quatre versions d'un spectacle joué en direct — mais il faut regarder ce que le public croit faire en appuyant sur le bouton.

Le matériel est un matériel de congrès. Des boîtiers Reply Interact Mini, cinq touches numérotées, Yes / No / Abstain sérigraphiés à côté. Le même objet qu'une assemblée générale d'actionnaires. Rien n'a été fabriqué pour l'œuvre, et c'est la bonne décision : l'argent est passé dans les écrans, la comédienne et l'écriture, pas dans un objet sur mesure qui aurait fait la même chose.

Une dizaine de télécommandes grises et noires empilées sur une planche de bois : petit écran à cristaux liquides, un bouton « send » et cinq touches colorées numérotées 1/A à 5/E, avec les mentions « Yes », « No » et « Abstain » sérigraphiées à côté. La marque « reply Interact Mini » figure en haut.
Le boîtier de vote : un modèle de congrès, acheté sur étagère. Photographie prise en salle, 22 octobre 2022

Et l'œuvre n'existe plus. Le site officiel ne répond plus, les deux lieux ont démonté la salle : d'un spectacle qui a fait voter des dizaines de milliers de personnes pendant un an, il ne reste ni les résultats, ni la captation, ni la trace de ce que le public a répondu. C'est précisément la donnée qui faisait l'intérêt du dispositif.

Grand écran violet dans une salle sombre. En haut, le titre « C'est foutu ? ». En dessous, trois réponses précédées d'un pictogramme et d'un pourcentage identique de 33 % : « Oui, c'est foutu… », « Non, on peut encore agir ! », « Quelques degrés de plus ou de moins, qu'est-ce que ça change ? ». Un bandeau technique en bas affiche « protocole GaIA », des coordonnées et la date du 22/10/2022. Devant l'écran, une estrade en bois avec un ordinateur portable et des câbles.
Trois réponses à 33 % : la salle est vide, c'est l'écran de réglage avant l'ouverture. Photographie prise en salle, 22 octobre 2022