Ce qui fonctionne
Le référendum est la mécanique, pas la métaphore. Ce que le joueur décide ne modifie pas sa propre partie : ça modifie celle de tout le monde, une fois agrégé. C'est une position de divinité qu'on ne détient qu'à plusieurs, et c'est la seule façon honnête de parler d'une décision politique — personne ne l'a jamais prise seul.
Le documentaire garde ses images. Les entretiens sont des entretiens, longs, en plan fixe, avec des gens réels. Le jeu ne les met pas en scène : il décide seulement de l'ordre dans lequel on tombe dessus, et de ce qu'on n'aura pas le temps de voir. La ludification porte sur le parcours, pas sur la matière.
Il fallait revenir. Le déroulé était calé sur des semaines réelles, avec un vote à date fixe. Une œuvre qui impose son calendrier au spectateur plutôt que l'inverse — même pari que Blaseball, huit ans plus tôt et sur un sujet documentaire.
Ce qui coince
Le site n'existe plus, ni chez l'ONF ni sur son domaine propre. Reste la Wayback Machine, qui rend la coquille sans la vidéo ni les votes : d'une œuvre dont le sujet était la délibération collective, il ne subsiste aucune trace des délibérations. Ce que le Flash a coûté à une génération d'œuvres web, l'infrastructure de vote l'a coûté à celle-ci.