L'écran, la salle et la table retirés, il reste le dessin que fait le récit quand on le trace sur une feuille : combien de chemins, où ils se séparent, où ils se rejoignent, ce que l'œuvre retient de ce qui a déjà été fait.
C'est le découpage le plus abstrait du panorama, et le plus transposable. Deux
œuvres qui n'ont rien en commun à l'écran peuvent partager la même structure :
Bandersnatch et un paquet de
Cartaventura branchent de la même façon, l'un sur
Netflix et l'autre sur une table de cuisine. Inversement, deux webdocs de la
même catégorie peuvent n'avoir aucune structure
commune.
François Schuiten et Benoît Peeters, « La Fièvre d'Urbicande », 1985. Le Réseau pousse tout seul et traverse la ville sans s'occuper d'elle. François Schuiten et Benoît Peeters, Casterman
Une ligne, plus des digressions optionnelles dont on revient. Le récit se lit d'un bout à l'autre ; les cartes et les portraits sont là pour qui veut s'arrêter.
Un noyau, et des couches autour. Un même événement raconté par plusieurs personnes, un même lieu à plusieurs époques, une seule maison sous tous les angles.
Le récit ne se dédouble pas, il retient. Il tient une liste de ce qui est vrai (le loup est mort, la lanterne est acquise) et chaque scène se réécrit en conséquence.