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HIGHRISE — Out My Window

Quarante-neuf récits, treize villes, treize langues, et à chaque fois le même point de vue : celui d'un appartement en tour, filmé à trois cent soixante degrés. On pivote dans le salon, on clique sur les objets, on regarde par la fenêtre, et l'habitant raconte. Premier documentaire web en 360° (2010), premier prix IDFA DocLab, Emmy numérique international. Volet d'un projet de l'ONF mené sur plusieurs années par Katerina Cizek sur l'habitat vertical.

Année
2010
En ligne
https://collection.nfb.ca/interactive/highrise_out_my_window_en
Par
Katerina Cizek, Office national du film du Canada
Catégories
Documentaire
Concepts
Structure Parallèle, Un fantôme, L'espace en trois dimensions
Image d'ouverture : une fenêtre à petits carreaux ouverte sur un ciel de crépuscule rose, avec la silhouette sombre d'une tour d'habitation aux fenêtres allumées
Office national du film du Canada

Pourquoi c'est inspirant

Le même cadre, partout. Toronto, Beyrouth, Bangalore, Prague : la contrainte est identique dans les quarante-neuf cas, un salon en hauteur et une fenêtre. Ce n'est pas une limite de production, c'est l'argument : la tour d'habitation est la même forme sur toute la planète, et ce qu'on voit par la fenêtre change tout. Voir la structure parallèle.

L'intérieur est le témoignage. L'appartement n'illustre pas la parole, il la porte : les objets posés là racontent une trajectoire, un exil, un métier. C'est un récit embarqué au sens de Jenkins, dans dix mètres carrés — voir raconter par l'espace.

Le 360° avant les casques. Fait pour un navigateur, à la souris, en 2010, et toujours consultable dans la collection de l'ONF. À comparer avec les webdocs contemporains disparus : ce qui dure, c'est ce qui n'a pas parié sur un greffon.

La bande-annonce du projet, publiée par l'ONF.

Ce qui coince

Ce n'est plus consultable. Toute la collection interactive de l'ONF renvoie aujourd'hui une erreur serveur, sur toutes ses adresses, en français comme en anglais. Un Emmy, un prix IDFA, une production publique — et rien à ouvrir. Jusqu'ici, du même catalogue, ne survit que parce que son studio en héberge sa propre copie.

Quarante-neuf récits, c'est plus que ce que quiconque parcourra. Le dispositif assume la profusion, mais rien n'indique par où entrer ni ce qu'on a déjà vu, et la visite s'arrête en général au troisième appartement.

C'est le défaut classique de la structure parallèle sans carte : la liberté d'ordre sans repère se vit comme de la désorientation.