Pourquoi c'est inspirant
Le même cadre, partout. Toronto, Beyrouth, Bangalore, Prague : la contrainte est identique dans les quarante-neuf cas, un salon en hauteur et une fenêtre. Ce n'est pas une limite de production, c'est l'argument : la tour d'habitation est la même forme sur toute la planète, et ce qu'on voit par la fenêtre change tout. Voir la structure parallèle.
L'intérieur est le témoignage. L'appartement n'illustre pas la parole, il la porte : les objets posés là racontent une trajectoire, un exil, un métier. C'est un récit embarqué au sens de Jenkins, dans dix mètres carrés — voir raconter par l'espace.
Le 360° avant les casques. Fait pour un navigateur, à la souris, en 2010, et toujours consultable dans la collection de l'ONF. À comparer avec les webdocs contemporains disparus : ce qui dure, c'est ce qui n'a pas parié sur un greffon.
Ce qui coince
Ce n'est plus consultable. Toute la collection interactive de l'ONF renvoie aujourd'hui une erreur serveur, sur toutes ses adresses, en français comme en anglais. Un Emmy, un prix IDFA, une production publique — et rien à ouvrir. Jusqu'ici, du même catalogue, ne survit que parce que son studio en héberge sa propre copie.
Quarante-neuf récits, c'est plus que ce que quiconque parcourra. Le dispositif assume la profusion, mais rien n'indique par où entrer ni ce qu'on a déjà vu, et la visite s'arrête en général au troisième appartement.
C'est le défaut classique de la structure parallèle sans carte : la liberté d'ordre sans repère se vit comme de la désorientation.