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Rôles du public

Le découpage par la place assignée au public : soi-même, un personnage, un fantôme qui observe, une divinité qui décide.

Qui est le public dans le récit ? La question paraît accessoire. Elle décide de l'écriture entière, et avant qu'une ligne de code soit écrite.

Quatre réponses courantes, et chacune impose ses contraintes.

Soi-même
L'œuvre s'adresse à la personne qui est devant elle, sans costume, et travaille avec ses vraies données : ce qu'elle finit par montrer, c'est elle. Le prix : il faut écrire sans savoir qui lit.
Exemple : Do Not Track 2015
Un personnage
Le public hérite d'une histoire, d'un nom, de motivations qui ne sont pas les siennes. Confortable à écrire, plus difficile à faire habiter.
Exemple : Jeu d'influences 2014
Un fantôme
Le public voit tout et ne peut rien. Ses gestes déplacent le regard, pas les événements.
Exemple : Wei or Die 2015
Une divinité
Le public n'est nulle part dans la fiction et en tient les leviers. C'est la position par défaut de tout ce qui se manipule comme un modèle.
Exemple : Fort McMoney 2013

L'erreur fréquente

Changer de rôle en cours de route sans l'avoir décidé. On commence en « soi-même », on glisse vers un personnage parce qu'une scène avait besoin d'un passé, et le public ne sait plus à qui on s'adresse.

Ce n'est pas interdit : certaines œuvres en font leur sujet. Mais un glissement subi se voit immédiatement, et il coûte l'adhésion.

Ce qu'il cache

La quantité de pouvoir réel. Un « personnage » peut n'avoir aucune prise et une « divinité » n'avoir que des boutons décoratifs. Le rôle dit à quelle place le public est mis, pas ce qu'on lui laisse faire une fois assis. Pour ça, il faut les types de choix.