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Types de choix

Le seul découpage qui juge au lieu de décrire. Un choix peut être rationnel, exploratoire, ou faux. Le faux choix est partout.

Les autres découpages rangent. Celui-ci évalue, et il faut le dire franchement plutôt que de faire semblant d'être neutre.

Devant une proposition faite au public, trois cas.

Rationnel
Il y a de quoi décider. L'œuvre a donné l'information, le public pèse, tranche, et la conséquence correspond. C'est le plus coûteux à écrire.
Exemple : Jeu d'influences 2014
Exploratoire
Il n'y a pas de quoi décider, et c'est voulu. On choisit pour voir. La curiosité remplace le calcul, et ça fonctionne très bien tant que l'œuvre ne prétend pas le contraire.
Exemple : Hors-Jeu — Le football, cartes sur table 2016
Faux
Les deux portes mènent au même couloir. Le récit continue identique, éventuellement repeint.
Exemple : Êtes-vous prêt à sauver une vie ? 2020

Sur le faux choix

Il est partout, y compris dans des œuvres très bien faites, et il n'est pas toujours une faute. Certains servent le rythme, d'autres laissent le public exprimer quelque chose sans que ça engage la suite.

Ce qui blesse n'est pas le faux choix : c'est le faux choix annoncé comme un vrai. Quand une œuvre construit sa promesse sur « vos décisions comptent » et qu'on découvre au deuxième passage que non, on ne se sent pas déçu, on se sent pris pour un imbécile. La confiance ne revient pas.

La cause est presque toujours mécanique, et elle est expliquée du côté des structures : un arbre trop ambitieux, un budget qui n'a pas suivi, des branches qu'il a fallu recoller. Ici on ne regarde que le résultat, du point de vue de celui qui joue. D'où le conseil qui revient partout : peu de choix, mais qui comptent.

Démasquer une interactivité de façade

C'est ici qu'on découvre qu'une œuvre annoncée comme interactive ne l'est presque pas. Un webdoc où le seul geste possible est de choisir l'ordre des chapitres demande exactement ce que demandait un DVD de 2003.

Ce n'est pas un défaut en soi. C'en est un quand toute la communication de l'œuvre repose dessus.

À quoi ça sert en atelier

C'est le meilleur outil d'analyse collective qu'on ait. Deux tests, dans cet ordre.

Refaire le parcours à l'envers. Relever chaque choix proposé, rejouer en prenant l'autre porte à chaque fois, noter ce qui a changé. La liste est en général plus courte que ce que l'œuvre laissait croire.

Enlever l'interaction. Si le récit tient debout sans elle, elle est un ornement. Ce n'est pas grave, mais il faut le savoir, et arrêter de la défendre comme le cœur du projet. S'il s'effondre, il y a quelque chose.

Les deux tests valent aussi sur son propre projet, avant de le défendre.

Une fois le choix reconnu comme vrai

Reste la question que ce découpage ne pose pas : parmi les choix qui comptent vraiment, tous ne pèsent pas pareil, et deux mécaniques très ordinaires suffisent à en annuler le poids.