Pourquoi c'est inspirant
Le scroll devient le roulis. Défiler fait bouger le bateau. Le geste de lecture et le mouvement raconté sont le même mouvement : on ne regarde pas la traversée, on la fait avancer. C'est le cas rare où l'interaction n'est pas un supplément mais la métaphore centrale. Voir Le défilement.
L'encre fait le son. Pas de musique omniprésente, pas de voix off : des lavis noirs qui envahissent l'écran, du texte qui apparaît par blocs, du silence. La tempête est dessinée, pas jouée.
La lenteur est un moyen. Certaines séquences demandent beaucoup de défilement pour peu d'avancée. C'est pénible, et c'est le propos : la traversée dure. Un cas à opposer à toutes les optimisations d'« engagement ».
Ça tient. Du HTML, du CSS, du JavaScript, servis par un diffuseur public. À comparer avec Le Dernier Gaulois, mieux financé et disparu.
Ce qui coince
Le lecteur ne décide de rien : le récit est entièrement linéaire, seul le rythme lui appartient. Utile pour poser la question franchement : est-ce encore de l'interactivité, ou une très bonne mise en scène de la lecture ?
Sur mobile, la longueur se paie : les séquences les plus lentes deviennent du pouce répété, et l'effet de durée bascule en corvée.