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The Boat

Une bande dessinée à l'encre noire qui se lit en faisant défiler la page. Mai, seize ans, est mise sur un bateau qui quitte le Viêt Nam en 1979. Le défilement fait tanguer les dessins, monter la fumée, submerger l'écran ; adapté d'une nouvelle de Nam Le. Une trentaine de minutes, dans le navigateur, toujours en ligne dix ans après.

Année
2015
En ligne
https://www.sbs.com.au/theboat/
Par
Matt Huynh, Nam Le, SBS Australia
Catégories
Fiction
Concepts
Un fantôme, Le défilement, Structure Linéaire
Source

Pourquoi c'est inspirant

Le scroll devient le roulis. Défiler fait bouger le bateau. Le geste de lecture et le mouvement raconté sont le même mouvement : on ne regarde pas la traversée, on la fait avancer. C'est le cas rare où l'interaction n'est pas un supplément mais la métaphore centrale. Voir Le défilement.

L'encre fait le son. Pas de musique omniprésente, pas de voix off : des lavis noirs qui envahissent l'écran, du texte qui apparaît par blocs, du silence. La tempête est dessinée, pas jouée.

La lenteur est un moyen. Certaines séquences demandent beaucoup de défilement pour peu d'avancée. C'est pénible, et c'est le propos : la traversée dure. Un cas à opposer à toutes les optimisations d'« engagement ».

Ça tient. Du HTML, du CSS, du JavaScript, servis par un diffuseur public. À comparer avec Le Dernier Gaulois, mieux financé et disparu.

La présentation du roman graphique interactif par SBS.

Ce qui coince

Le lecteur ne décide de rien : le récit est entièrement linéaire, seul le rythme lui appartient. Utile pour poser la question franchement : est-ce encore de l'interactivité, ou une très bonne mise en scène de la lecture ?

Sur mobile, la longueur se paie : les séquences les plus lentes deviennent du pouce répété, et l'effet de durée bascule en corvée.