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Alma, une enfant de la violence

Alma a passé cinq ans dans une mara, un gang guatémaltèque, avant d'essayer d'en sortir et d'être laissée pour morte. Elle raconte, face caméra, sur fond noir. Un second flux vidéo est superposé au premier — photographies de Miquel Dewever-Plana, dessins de Hugues Micol — et le spectateur passe de l'un à l'autre quand il veut. Prix IDFA DocLab 2012, premier prix du concours de narration numérique World Press Photo 2013. Le site est aujourd'hui fermé.

Année
2012
En ligne
http://alma.arte.tv/fr/
Par
Miquel Dewever-Plana, Isabelle Fougère, Upian, Arte
Catégories
Documentaire
Concepts
Un fantôme, L'écran partagé
Alma, une jeune femme aux longs cheveux noirs, regarde l'objectif sur fond noir ; un tatouage dépasse de l'encolure de son tee-shirt rose
Miquel Dewever-Plana et Isabelle Fougère / Upian — Arte

Pourquoi c'est inspirant

Le partage de l'écran est un choix moral, pas graphique. Il y a ce qu'Alma dit, et ce qu'on ne peut pas montrer d'elle en le disant. Superposer les deux flux plutôt que les monter l'un après l'autre laisse au spectateur la décision de regarder le visage ou de se réfugier dans l'image. Voir L'écran partagé.

Le témoignage n'est pas illustré, il est doublé. L'image de contexte ne redit pas le récit : elle occupe la place que le récit ne peut pas occuper. C'est la différence entre une illustration et un contrechamp.

On ne peut rien y faire. Aucune décision du spectateur ne change ce qui est arrivé, et rien dans l'œuvre ne le prétend. Cas net de fantôme : la seule liberté offerte est celle de l'angle, et c'est la seule qui soit honnête sur cette matière.

Ce qui coince

Le site est fermé. Œuvre primée deux fois, coproduite par une chaîne publique et un studio qui existe toujours, et il faut aujourd'hui écrire à Upian pour la voir. À mettre à côté de The Boat, du même âge, servi par un diffuseur public et toujours en ligne : la différence ne tient pas au budget, elle tient à ce sur quoi c'était construit.