Pourquoi c'est inspirant
Le geste caresse au lieu de commander. On ne clique pas sur des options : on passe la main sur une image dessinée et elle réagit. Rien n'est jamais demandé, rien n'est jamais raté. C'est un geste employé pour produire une sensation, pas pour trancher — usage rare, et le plus difficile à défendre en réunion.
Le récit ne bifurque pas. La promenade est entièrement écrite : ce qu'on décide, c'est le rythme et l'endroit où l'on pose les doigts. À rapprocher de Phallaina et de The Boat — trois œuvres qui donnent une main très occupée et aucune décision, et qui tiennent parfaitement debout.
Même auteur que Just a Reflektor. Vincent Morisset travaille depuis 2007 sur la même question : comment le corps du spectateur entre dans une image sans qu'on lui demande de choisir quoi que ce soit. Voir les deux à la suite vaut un cours.
Ce qui coince
L'adresse de l'ONF ne répond plus. Toute la collection interactive de l'Office national du film renvoie une erreur serveur, et HIGHRISE — Out My Window est tombé avec. Ce qui reste debout, c'est la copie hébergée par AATOAA, le studio qui a fait la pièce : le diffuseur public a laissé son catalogue s'éteindre, les trois auteurs ont gardé la leur en ligne. À citer chaque fois qu'on suppose qu'une institution est le support le plus sûr.
Il n'y a pas d'histoire au sens où l'entendent des étudiants en cinéma : ni personnage, ni conflit, ni fin. C'est une traversée sensible, et une partie de la classe conclura qu'il ne s'y passe rien. C'est précisément la discussion à avoir.
À signaler aussi : ce n'est pas un film à embranchements, contrairement à ce que son voisinage pourrait laisser croire. Rien n'y bifurque jamais.