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Jusqu'ici

Une promenade animée à la main, où l'on avance en touchant l'image : on écarte les branches, on fait tomber la neige, on réveille ce qui dort. Du dessin, de la vidéo à 360°, de la musique de Philippe Lambert, et du code. Imaginé par Vincent Morisset, Caroline Robert et Édouard Lanctôt-Benoit du studio AATOAA, produit par l'ONF avec France Télévisions, mis en ligne le 5 février 2015.

Année
2015
En ligne
https://www.aatoaa.com/jusquici/
Par
Vincent Morisset, Caroline Robert, Édouard Lanctôt-Benoit, Office national du film du Canada
Catégories
Fiction
Concepts
Structure Linéaire, Un fantôme, Le geste
Illustration : une silhouette humaine blanche, sans visage, marche à travers un paysage aplati de bleu vif et de brun où serpentent des chemins blancs
Office national du film du Canada

Pourquoi c'est inspirant

Le geste caresse au lieu de commander. On ne clique pas sur des options : on passe la main sur une image dessinée et elle réagit. Rien n'est jamais demandé, rien n'est jamais raté. C'est un geste employé pour produire une sensation, pas pour trancher — usage rare, et le plus difficile à défendre en réunion.

Le récit ne bifurque pas. La promenade est entièrement écrite : ce qu'on décide, c'est le rythme et l'endroit où l'on pose les doigts. À rapprocher de Phallaina et de The Boat — trois œuvres qui donnent une main très occupée et aucune décision, et qui tiennent parfaitement debout.

Même auteur que Just a Reflektor. Vincent Morisset travaille depuis 2007 sur la même question : comment le corps du spectateur entre dans une image sans qu'on lui demande de choisir quoi que ce soit. Voir les deux à la suite vaut un cours.

Ce qui coince

L'adresse de l'ONF ne répond plus. Toute la collection interactive de l'Office national du film renvoie une erreur serveur, et HIGHRISE — Out My Window est tombé avec. Ce qui reste debout, c'est la copie hébergée par AATOAA, le studio qui a fait la pièce : le diffuseur public a laissé son catalogue s'éteindre, les trois auteurs ont gardé la leur en ligne. À citer chaque fois qu'on suppose qu'une institution est le support le plus sûr.

Il n'y a pas d'histoire au sens où l'entendent des étudiants en cinéma : ni personnage, ni conflit, ni fin. C'est une traversée sensible, et une partie de la classe conclura qu'il ne s'y passe rien. C'est précisément la discussion à avoir.

À signaler aussi : ce n'est pas un film à embranchements, contrairement à ce que son voisinage pourrait laisser croire. Rien n'y bifurque jamais.