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L'interactivité comme œuvre artistique

Des installations et des machines sans histoire ni message : l'interaction y est le sujet, pas le véhicule.

Les autres classements rangent des œuvres qui racontent. Celui-ci enlève le récit et regarde ce qui reste : des installations, des machines, des dispositifs qui n'ont ni histoire, ni message, ni utilisateur à servir. L'interaction n'y transporte rien : elle est l'œuvre.

C'est un champ entier, et il ne se range pas ailleurs. Les découpages par structure ou par rôle du public n'ont aucune prise sur une machine qui n'a rien à dire.

La machine qui n'a rien à dire

Neil Mendoza en est un bon échantillon : des objets de récupération montés en machines absurdes. Son Electric Knife Orchestra (seize couteaux à un dollar qui jouent un morceau) n'est même pas interactif. Il tourne tout seul. On regarde.

Du côté où le visiteur compte, Rain Room, Body Movies de Rafael Lozano-Hemmer et The Telegarden tiennent le même terrain : entrer dans la pièce déclenche quelque chose, et il n'y a rien à comprendre au-delà.

L'œuvre est le protocole

Sol LeWitt est l'ancêtre à connaître, et il n'a jamais touché un ordinateur. Ses Wall Drawings sont des consignes écrites, exécutées par d'autres, sur un mur, ailleurs, plus tard. L'œuvre est le protocole. C'est ce qu'on fait en écrivant du code.

Où aller voir

Le point d'entrée est creativeapplications.net, qui documente ce milieu depuis 2008. Beaucoup de matière, peu de tri : une réserve plutôt qu'une exposition.

Deux raisons de connaître ce champ. C'est de là que sortent la plupart des outils employés ensuite. Et c'est la preuve qu'une œuvre peut n'avoir aucune histoire à raconter et rester une œuvre, ce qui évite de plaquer un récit sur un dispositif qui n'en demandait pas.