Le principe
Wall Drawing #118 (1971) tient en trois phrases :
Sur une surface murale, n'importe quelle portion continue de mur, au crayon dur, placer cinquante points au hasard. Les points doivent être répartis uniformément sur la surface du mur. Tous les points doivent être reliés par des lignes droites.
C'est tout. Pas de croquis, pas de gabarit. « Au hasard » et « uniformément » sont contradictoires, et c'est là que se joue le travail de celui qui exécute. Le résultat change de mur en mur, d'équipe en équipe, de décennie en décennie.
La rétrospective de MASS MoCA, ouverte en 2008, présente 105 de ces dessins, installée pour vingt-cinq ans, puis prolongée jusqu'en 2043. Une exposition qui dure plus longtemps que la plupart des logiciels.
Pourquoi c'est inspirant
C'est un programme écrit en français, exécuté par des humains. On y voit à nu ce qu'on ne voit plus dans du code : une contrainte assez serrée pour être reconnaissable, assez lâche pour que l'exécution compte.
Utile aussi comme contre-exemple : ici, l'auteur accepte de perdre la main sur le rendu final. Dans la plupart des projets d'étudiants, c'est l'inverse : on veut contrôler chaque pixel, puis on s'étonne que le système ne serve à rien.