Ce qui fonctionne
Le geste du spectateur est la capture d'écran. Rien d'autre à faire : regarder, attendre, appuyer au bon moment. Une action qu'on fait tous les jours par commodité devient ici un acte de chasse, avec une victime qui perd une vie. Redéfinir un geste banal plutôt qu'en inventer un — c'est la même économie que le vote de Fort McMoney ou le clic de Click Click Click.
Le direct interdit le montage. Ce qu'on voit est ce que la personne voit, avec le souffle, les hésitations, les gens dans la rue qui demandent ce qui se passe. Aucun plan n'a été choisi : la caméra est portée par quelqu'un qui a autre chose à faire que cadrer.
On peut parler aux coureurs. Les spectateurs écrivent, les coureurs répondent et obéissent parfois — aller là, demander ça à ce passant. Le public à distance dispose d'un corps dans la ville, et découvre en même temps ce qu'il ose lui faire faire.
Ce qui coince
L'œuvre ne survit pas à sa représentation : trois personnes, une ville, une nuit, une infrastructure de diffusion. Elle a tourné jusqu'en 2014, puis s'est arrêtée. Il ne reste que des captations — et une œuvre dont le sujet était le direct ne se rejoue pas en différé.