Ce qui fonctionne
Rien n'a été piraté. Les caméras sont publiques, les géotags sont volontaires, la reconnaissance d'image est en accès libre. Toute la violence du résultat vient du rapprochement de trois choses parfaitement légales — c'est la démonstration la plus économique qui soit du fait que la surveillance est un problème d'agrégation, pas d'effraction.
Le hors-champ est le sujet. La photo montre une personne seule et sereine ; la vidéo montre la foule, la météo, l'ami qui tient l'appareil et les onze essais. L'écart entre les deux images est tout le propos, et il n'a pas eu besoin d'être commenté.
La rétroactivité est le point qui glace. Le géotag posé il y a deux ans devient exploitable aujourd'hui, avec des outils qui n'existaient pas alors. C'est ce qu'il faut faire comprendre avant de parler de consentement : on consent à un usage présent, jamais à un usage futur.
Ce qui se discute
Le dispositif fait à des inconnus exactement ce qu'il reproche à la surveillance de faire. Depoorter le sait et ne s'en excuse pas : c'est une démonstration, et une démonstration a des sujets. La question à poser en cours n'est pas « est-ce bien » mais « qu'est-ce qui distingue ce geste-ci du harcèlement », et elle n'a pas de réponse propre.