Ce qui fonctionne
On paie pour être pris. Le billet de loterie transforme la victime en cliente, et c'est là que tout le malaise se loge : le consentement est contractuel, signé, tarifé, et il ne rend pas la séquestration confortable pour autant. Aucune œuvre ne pose plus simplement la question de ce qu'on a le droit de faire subir à quelqu'un qui a dit oui.
Le spectateur pilote la caméra. Pas un flux fixe : un pan-tilt-zoom qu'on manœuvre. La position de voyeur n'est pas dénoncée, elle est fournie avec ses commandes — et 1998, c'est cinq ans avant que la télé-réalité en fasse un format de grande écoute.
La sortie était prévue et personne ne l'a prise. Cinq cents livres pour qui atteignait un téléphone. Ni Debra Burgess ni Russell Ward n'y sont parvenus. Une règle d'évasion qui n'est jamais utilisée en dit plus long sur le dispositif que dix pages d'analyse.
Ce qui coince
Blast Theory revendique l'affaire Spanner de 1990 — des hommes poursuivis pour des violences auxquelles ils avaient consenti — comme point de départ. La pièce ne tranche pas, elle installe la question et regarde le public y répondre. C'est le pari, et il n'est pas confortable : la frontière entre l'expérience artistique et l'exploitation d'une personne y est délibérément posée sans garde-fou visible, hors la présence d'un psychologue.
Rien n'en reste que la documentation de l'époque : formulaires d'inscription, dossier de presse, une vidéo de trente minutes. C'est une œuvre dont on parle plus qu'on ne la voit, et il faut le dire en la citant.