Pourquoi c'est inspirant
Une seule donnée, et tout le film en dépend. Une adresse. C'est la démonstration la plus économique de ce que peut faire le rôle de soi-même : rien n'est personnalisé au sens du marketing, c'est le sujet même du morceau — l'attente, l'enfance, le lieu qu'on a quitté — qui va chercher la vie du spectateur.
La fenêtre du navigateur est le cadre. Au lieu d'une vidéo dans une page, des pop-ups qui s'ouvrent, se déplacent et composent l'image. Le décor est le logiciel lui-même. Personne n'avait fait ça, et peu l'ont refait depuis.
Le récit reste entièrement linéaire. Aucune décision, aucune branche : le morceau dure ce qu'il dure. Ce qui varie, ce sont les images, pas le récit. Utile pour montrer qu'on peut impliquer sans faire choisir.
Ce qui coince
Ça ne tourne plus comme au premier jour. Les navigateurs ont fermé la porte aux pop-ups automatiques, l'imagerie de Street View a changé, et beaucoup d'adresses ne donnent plus rien. Une œuvre bâtie sur les données d'un tiers vieillit à la vitesse de ce tiers.
Et il faut le dire aux étudiants : c'est une démonstration technique commandée par un navigateur pour vendre un navigateur. Ça n'enlève rien à ce qu'elle réussit, mais ça explique pourquoi elle a eu ces moyens-là.