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The Wilderness Downtown

Clip interactif pour « We Used to Wait » d'Arcade Fire. On donne l'adresse de la maison de son enfance, et le film va la chercher dans Google Earth et Street View : un adolescent court dans une rue, et cette rue est celle du spectateur. Plusieurs fenêtres de navigateur s'ouvrent et se placent toutes seules à l'écran, chorégraphiées avec la chanson. À la fin, on écrit une lettre à l'enfant qu'on était. Démonstration de HTML5 commandée par Google pour Chrome.

Année
2010
En ligne
https://experiments.withgoogle.com/the-wilderness-downtown
Par
Chris Milk, Google Creative Lab, Arcade Fire
Catégories
Interface
Concepts
Structure Linéaire, Soi-même
Source

Pourquoi c'est inspirant

Une seule donnée, et tout le film en dépend. Une adresse. C'est la démonstration la plus économique de ce que peut faire le rôle de soi-même : rien n'est personnalisé au sens du marketing, c'est le sujet même du morceau — l'attente, l'enfance, le lieu qu'on a quitté — qui va chercher la vie du spectateur.

La fenêtre du navigateur est le cadre. Au lieu d'une vidéo dans une page, des pop-ups qui s'ouvrent, se déplacent et composent l'image. Le décor est le logiciel lui-même. Personne n'avait fait ça, et peu l'ont refait depuis.

Le récit reste entièrement linéaire. Aucune décision, aucune branche : le morceau dure ce qu'il dure. Ce qui varie, ce sont les images, pas le récit. Utile pour montrer qu'on peut impliquer sans faire choisir.

Les coulisses du film, publiées par Google Chrome.

Ce qui coince

Ça ne tourne plus comme au premier jour. Les navigateurs ont fermé la porte aux pop-ups automatiques, l'imagerie de Street View a changé, et beaucoup d'adresses ne donnent plus rien. Une œuvre bâtie sur les données d'un tiers vieillit à la vitesse de ce tiers.

Et il faut le dire aux étudiants : c'est une démonstration technique commandée par un navigateur pour vendre un navigateur. Ça n'enlève rien à ce qu'elle réussit, mais ça explique pourquoi elle a eu ces moyens-là.