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The Fallen of World War II

Un film de quinze minutes entièrement fait de graphiques animés, qui compte les morts de la Seconde Guerre mondiale puis regarde ce qui s'est passé depuis. La narration est continue, mais elle s'arrête à des moments précis : le graphique devient alors manipulable, et on peut aller chercher le détail avant de reprendre. Écrit, réalisé, codé et raconté par une seule personne.

Année
2015
En ligne
https://www.fallen.io/ww2/
Par
Neil Halloran, Andy Dollerson
Catégories
Documentaire
Concepts
Une divinité, La frise du temps
Source

Pourquoi c'est inspirant

L'interaction attend son tour. Le film décide quand il est possible d'agir. Le reste du temps, c'est du montage, avec un rythme et une voix. Cette alternance règle un problème que beaucoup de data storytelling ne règle pas : qui mène, de l'auteur ou du lecteur. Ici c'est l'auteur, sauf à trois ou quatre endroits, et c'est pour ça que ça tient quinze minutes.

Une barre peut faire un plan. Halloran filme des graphiques comme on filme un décor : profondeur de champ, échelle, temps de pause. La visualisation n'illustre pas le propos, elle est le propos. Voir La frise du temps.

La quantité devient physique. Une figure = un mort. Quand l'écran se remplit puis continue de se remplir, le nombre cesse d'être un nombre. C'est la seule chose que le graphique fait mieux que la phrase.

Le doute est montré. Les estimations divergentes apparaissent comme fourchettes, pas comme chiffres nets. Un documentaire qui affiche son incertitude au lieu de la lisser. C'est rare, et à copier.

La version vidéo du même travail, publiée par Neil Halloran.

Ce qui coince

L'interactivité est mince : trois ou quatre pauses où l'on peut cliquer. Les retirer, et il reste un très bon film. Utile comme cas limite : jusqu'où peut-on retirer l'interaction avant que l'œuvre change de nature ?

Et le montage impose une lecture. Les morts sont comptés, comparés, mis en rythme avec une musique qui dit quoi ressentir. C'est efficace, et c'est exactement ce qu'il faut savoir regarder de travers : un graphique n'est pas neutre parce qu'il est chiffré.