Pourquoi c'est inspirant
Le téléphone n'est pas un petit écran, c'est un capteur. Caméra, micro, accéléromètre, une lampe : Motto s'en sert comme matière première au lieu de les traiter comme des contraintes. La pièce où l'on se trouve entre dans l'œuvre.
Ce qu'on filme devient le film. Ces images, non préparées et mal cadrées, sont réinjectées dans la narration. Le spectateur n'est pas seulement lui-même : il fournit une partie du matériau, sans avoir rien à savoir faire.
Refuser le desktop est une décision. Le site ne s'ouvre pas sur ordinateur. Décider qu'une œuvre a un seul support correct, et l'assumer, c'est plus rare et plus solide que le responsive à tout prix.
Morisset a un historique. BLA BLA (2011), Way to Go (2015), puis Motto : trois productions de l'ONF où le geste du spectateur est le sujet. Une trajectoire à regarder en entier.
Ce qui coince
Il faut être seul, au calme, et accepter de faire ce qu'on demande : souffler dans le micro, filmer son plafond. En groupe, dans une salle de classe, l'expérience s'effondre. C'est la difficulté de tout ce qui repose sur l'intimité du geste.
L'histoire elle-même reste diffuse. On se souvient d'avoir fait des choses, moins de ce qui était raconté, le risque permanent des œuvres où l'interaction est le sujet.