Ce qui fonctionne
La forme est celle du sujet, sans transposition. Une bulle de texte, un champ de réponse. Il n'y a rien à apprendre pour entrer, et rien qui signale qu'on est dans une œuvre : c'est exactement l'écran qu'on regarde cinquante fois par jour. La violence dont il est question passe par ce canal-là, et le dispositif refuse d'en changer.
On répond, donc on est dedans. Choisir ses mots — s'excuser, se justifier, envoyer une photo pour prouver — fait faire au public le travail que fait la personne visée. Ce n'est pas une reconstitution qu'on regarde, c'est une position qu'on occupe le temps de cinq messages. Voir Un personnage.
Aucune réponse n'est la bonne. Le dispositif ne note pas, ne corrige pas, ne récompense pas. Les choix sont exploratoires : ils changent le fil sans changer l'issue, ce qui est précisément le point. La question finale — « est-ce que c'était violent ? » — n'arrive qu'après, et c'est le public qui doit y répondre.
En groupe, c'est le désaccord qui enseigne. Deux personnes ayant suivi le même scénario par des réponses différentes n'ont pas vu la même chose, et ne répondent pas pareil à la question finale. Le contenu du cours n'est pas dans l'œuvre : il est dans l'écart entre deux parcours, et il faut prévoir le temps de le faire apparaître.
À retenir
La matière est lourde, et l'œuvre le sait : elle affiche des lignes d'écoute à la sortie. Le montrer en classe demande d'annoncer ce qui vient et de savoir quoi faire si quelqu'un se reconnaît. Ce n'est pas une précaution facultative, c'est une partie du dispositif.