Pourquoi c'est inspirant
La phrase est l'interface. Il n'y a pas de bouton, pas de menu de choix, pas de « que faire ? ». On touche un mot du texte, on le met ailleurs, et le monde obéit. C'est l'une des rares œuvres où le geste d'interaction et l'acte d'écriture sont exactement le même geste.
C'est de la divinité à l'état pur. L'enfant n'est pas Léon, il n'est nulle part dans l'histoire : il est la personne qui récrit la phrase. La position est claire, elle est tenue de bout en bout, et un enfant de huit ans la comprend sans qu'on l'explique.
La combinatoire est produite par la grammaire. Deux mille cinq cents combinaisons pour soixante-deux pages illustrées : ce n'est pas un arbre dessiné à la main, c'est une contrainte linguistique qui fabrique les branches. À opposer à quiconque annonce trente fins : voici ce qu'il faut pour les tenir, et l'astuce qui permet de ne pas les dessiner une par une.
Ce qui coince
C'est une application, sur des magasins, avec un compte à rebours. La version qui tournait sur les tablettes de 2016 ne tourne plus partout, et l'œuvre dépend de quelqu'un qui la recompile.
Et l'astuce a un plafond : elle marche parce que les phrases sont courtes et les images fixes. Transposer le principe à du texte long ou à de la vidéo demanderait autre chose, et personne ne l'a encore fait.