Ce qui fonctionne
Deux récits du même événement, jamais fusionnés. Le film ne cherche pas la vérité au milieu : il laisse deux versions coexister et laisse au spectateur le soin de passer de l'une à l'autre. C'est ce que la structure parallèle permet et que le montage linéaire interdit, puisqu'un montage doit choisir un ordre.
La frise remonte à 1980. Le détournement n'est pas présenté comme un fait divers mais comme le point d'arrivée de trente ans — effondrement de l'État, pêche industrielle étrangère, déchets déversés. La frise fait le travail argumentatif : on ne peut pas atteindre la scène sans avoir traversé ce qui la précède.
Le pilotage automatique est proposé par défaut. On peut laisser dérouler, ou couper l'automatisme et s'arrêter à chaque scène. Offrir explicitement de ne rien décider est une politesse rare dans un documentaire interactif, et ça évite de punir celui qui veut juste regarder.