Pourquoi c'est inspirant
Le matériel est spectaculaire : un terrain qui se monte en trois dimensions, des bâtiments qu'on assemble, une table qu'on a envie de photographier.
Et l'application supprime un travail ingrat. Dans les éditions précédentes, un joueur devait tenir le rôle de l'Overlord : connaître les règles, gérer les monstres, jouer contre ses amis toute la soirée. Fantasy Flight Games avait déjà confié ce rôle au logiciel avec l'application Road to Legend (2016) ; Legends of the Dark construit toute la boîte autour de cette idée. Plus personne n'est sacrifié à l'arbitrage, tout le monde joue du même côté.
Ce qui coince
Le plateau n'est jamais qu'un écran déporté. Chaque action faite sur la table doit être répliquée dans l'application : on déplace la figurine, puis on déclare le déplacement ; on ouvre la porte, puis on dit qu'on l'a ouverte. Aucun geste ne compte tant qu'il n'a pas été ressaisi. Le jeu se joue dans l'application : le carton en est l'affichage, et les joueurs le périphérique de saisie. Ils font à la main, en double, le travail qu'un jeu vidéo ferait tout seul.
C'est un renversement complet de ce que promet un plateau augmenté : ici le matériel ne fait rien qu'un écran ne ferait mieux, il ajoute juste de la manutention. Le terrain en trois dimensions est somptueux et parfaitement inutile au fonctionnement du jeu.
L'application n'est d'ailleurs pas optionnelle et il n'existe pas de mode dégradé : sans elle, la boîte ne se joue pas du tout.
Et le joueur qu'elle remplace ne faisait pas que placer des monstres. Il regardait les visages autour de la table, il ajustait la difficulté au moral du groupe, il bluffait. Un logiciel ne rate jamais rien, donc il ne surprend jamais.
Reste le compte à rebours : le jour où l'éditeur cesse de maintenir l'application, ce très beau matériel devient inutilisable. Voir Plateau Augmenté (l'app à table).