thylo.be

IONNYK

Un cadre belge qui affiche des photographies en noir et blanc sur du papier électronique. Pas de câble, pas de rétroéclairage, plus d'un an d'autonomie : l'image reste affichée sans consommer, comme une estampe. On change de photo par abonnement, dans un catalogue de plus de mille cinq cents tirages, ou on achète une édition limitée.

Année
2020
En ligne
https://www.ionnyk.com/
Par
Charlotte Dubois, Mathieu Demeuse, Antoine Baudoux
Catégories
Interface
Dans un salon aux murs sombres, un cadre encadre une photographie en noir et blanc d'une ruelle ; rien ne distingue l'écran à encre électronique d'un tirage sous verre
IONNYK

Pourquoi c'est ici

Parce que ce n'est pas interactif, et que c'est une décision. Tout, dans cet objet, sert à faire oublier qu'il y a un écran : pas de lumière émise, pas de notification, rien qui bouge, rien qui réagit à une présence. C'est un écran conçu pour se comporter comme du papier.

À voir juste après une salle d'installations qui clignotent. La question qu'il pose est celle de tout ce site, prise à l'envers : qu'est-ce qu'on gagne à ne rien rendre interactif ? Ici, la durée d'attention et le droit de ne pas être sollicité.

C'est belge, et c'est un modèle économique. Conçu à partir d'une idée de Charlotte Dubois et Mathieu Demeuse, rendu possible techniquement par Antoine Baudoux. L'objet est vendu, les images sont louées : c'est l'abonnement appliqué à la photographie d'art, ce qui mérite discussion — on ne possède pas ce que le cadre affiche.

Un reportage sur le cadre et son fonctionnement.

Ce qui coince

Le cadre dépend d'un service. Le jour où l'entreprise s'arrête, il reste un objet qui affiche sa dernière image et ne peut plus en changer. Même compte à rebours que sous les jeux de plateau augmenté, appliqué à un meuble.

Et ce n'est pas une œuvre : c'est un support. Il figure dans ce cabinet parce que les décisions qu'il prend sont des décisions d'auteur, pas parce qu'il raconte quelque chose.