Ce qui fonctionne
La machine est un ticket d'entrée. « L'énergie de ces murs m'a donné envie de participer quand même », écrit Roy. Ne pas savoir faire n'est pas traité comme un obstacle à contourner ni comme un sujet à commenter : c'est le point de départ d'une construction. La contrainte personnelle produit l'objet.
Elle a été utilisée par ceux qui savent. Des graffeurs du mur — The Fly, Howtokillagraffiti, Planet256 — s'en sont servis, d'autres ont écrit des interfaces pour la piloter, l'un a désassemblé le format de fichier. L'objet n'est resté une œuvre solitaire à aucun moment, et c'est ce qui le distingue d'une démonstration technique.
Le pilotage à distance était une porte ouverte. Pendant un atelier, des participants à distance actionnaient la bombe au clavier. Le geste le plus physique du graffiti — la pression du doigt sur la buse — devient une touche appuyée depuis un autre pays, et la peinture est quand même sur le mur.
Tout est publié. Code, documentation, plans. Une machine dont on peut refaire un exemplaire est un objet différent d'une machine unique exposée : c'est la même différence qu'entre une œuvre et un outil, et Roy choisit l'outil.